L’orphelinat, de Shahrbanoo Sadat

François Colcombet

Comme le titre le fait deviner, nous entrons dans un établissement recueillant des enfants à l’abandon. Pas d’effets coup de poing ; l’atmosphère est à la bienveillance grâce à de bons éducateurs; le tout bien filmé et très bien joué.
L’intérêt principal du film est qu’il se passe… en Afghanistan. Et qui plus est dans un Afghanistan sous occupation russe. D’où la présence dans l’orphelinat d’enseignants russes et un voyage de classe à Moscou. Clou de ce voyage: la visite du mausolée de Lénine.
Le temps passant la guerre ressurgit. Les orphelins sont aux premières loges. Il ne manqueront pas d’avoir le comportement de leur âge et d’en subir les conséquences. Cependant qu’arrivent les islamistes (qui, rappelons-le, sont à l’époque les alliés des Américains). Avec eux tout bascule… dans un autre monde.
La découverte à cette occasion de l’Afghanistan, ce pays lointain depuis si longtemps martyrisé ; le spectacle de la confrontation d’idéologies aussi totalitaires l’une que l’autre ; autant de moments forts dont on ne sort pas indemne.